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Responsable du bonheur en entreprise : le nouveau job à la mode ?
Responsable du bonheur en entreprise : le nouveau job à la mode ?
Pas une semaine ne passe sans qu'un article sur la fonction de responsable du bonheur en entreprise (Chief Happiness Officer) ne soit publié.

Cette chronique est née d’une discussion avec un de mes amis, Pierre Botteron.

Cette littérature nous agace et nous a donné envie de nous exprimer.

Pierre a exercé d’importantes fonctions managériales tout au long de sa carrière. Il vient de créer son cabinet de stratégie RH à Zurich.

Pour ma part, je suis experte dans l'accompagnement des patrons de PME et ETI, et des personnalités politiques (https://www.agnesmenso-coaching.com)

Notre discussion a mis en lumière plusieurs interrogations :

Est-ce vraiment la vocation d’une entreprise de rendre ses salariés heureux ?

Plus performants et épanouis, certes. Mais heureux ?
N’est-ce pas le propre de l’individu de définir ce qu’est le bonheur ? Son bonheur plus précisément ?
De quel droit l’entreprise peut-elle prétendre être légitime à ce niveau?

La mission de l’entreprise n’est-elle pas de séduire ses talents, de les fidéliser, de faire grandir et progresser ses collaborateurs ?
Sa vocation ne serait-elle pas de créer les conditions favorables pour que ses salariés s’épanouissent, afin de donner, soyons honnêtes, le meilleur d’eux-mêmes ?

Ce rôle, n’est-ce d’ailleurs pas celui du DRH et du patron ? Et si aucun des deux n’y arrive, comment un CHO va-t-il bien pouvoir réussir ?

Quelle serait alors la véritable fonction du responsable du bonheur en entreprise ?

Faire passer des pilules amères, en termes de pratiques managériales douteuses et de conditions de travail d’un autre temps ?
Masquer un cruel manque de vision et d’engagement ?
Créer un semblant de cohésion d’équipe ?
Ou encore compenser des carences en termes de leadership dans l’entreprise ?

Allons allons, soyons sérieux !

A ce propos, qu’est ce qui rend un salarié plus performant ?

Est-ce vraiment le bonheur, comme on veut nous le faire croire, avec toute la notion de subjectivité et d’intimité que cela peut couvrir ?

Un salarié plus performant ne serait-il pas un salarié qui croit en la mission de son entreprise ? Qui partage sa vision ?
Qui participe à un projet global, et qui voit que ses actions contribuent au développement de l’entreprise et au bien-être collectif ?
N’est-ce pas un salarié qui est en adéquation avec les valeurs de son entreprise et qui les vit pleinement dans l’exercice quotidien de son management ?

Un salarié plus performant est un salarié qui se sent reconnu, valorisé et encouragé.
C’est un collaborateur que l’entreprise protège, développe et fait progresser.

Ces derniers points ne seraient-ils d’ailleurs pas la base du management ?

Et puis entre nous, pensez-vous vraiment que les patrons et leurs DRH aient attendu l’arrivée des CHO pour organiser des cours de yoga, des massages, des barbecues ou des tournois de baby-foot ?
Les entreprises n’ont pas besoin de Chief Happiness Officer.

Arrêtons de croire qu’il faille organiser des activités ludiques pour rendre les salariés plus heureux et donc plus performants.

Penchons-nous plutôt sur les actes à mettre en place pour soutenir et accompagner les managers dans leur rôle et dans leur fonction et disons :

Oui à des actes qui reposent sur des bases managériales saines,
Oui à des actes qui permettent à chacun de prendre se place et d’assumer sa responsabilité,
Et enfin, oui à des actes courageux et porteurs de sens !
Publié le 05/10/2017
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