Le fil d'Agnès
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Serendipity...
En ce qui me concerne, ce n’est pas un mot très agréable à prononcer en Français. Il s’est d’ailleurs assez vite transformé en "sérendépité" ou "sérendépitié". Vous ne trouvez pas qu'il sonne mieux en Anglais ? "Serendipity"…

Tout comme kitsch ou spam, la sérendipité est un terme qu’on peut difficilement traduire. Pour l’expliquer, certains parlent alors d’heureuse coïncidence ou de bonheur fortuit.
La sérendipité consiste à trouver par accident et avec sagacité ce qu’on ne cherchait pas vraiment. Voir même ce qu’on ne cherchait pas du tout…

Mais peu importe qu’on trouve ce qu’on n’a pas cherché ou qu’on trouve quelque chose d’une autre manière que celle qu’on avait imaginée. L’essentiel est d’avancer.
Loin de moi l’idée d’explorer les progrès que la sérendipité a permis dans la recherche médicale. Ce n’est pas mon domaine. Par contre, le champ de la relation est bien plus dans mes compétences.

Le mythe de Serendip
Le terme de sérendipité tire son nom de l’Ile de Serendip. C’est l’ancien nom persan de l’Ile de Ceylan, aujourd’hui le Sri Lanka. 
La légende voudrait que Giafer, philosophe-roi de Serendip, envoie ses trois fils parcourir le monde afin de parfaire leur éducation.

Leur voyage est truffé d’aventures, la plus connue étant la rencontre « par hasard » avec un chamelier, dont l’animal s’était égaré. 
Même si les princes n’ont pas vu le chameau, leurs réponses aux questions de l’homme lui font douter de leur honnêteté. 

En fait, ils ont tout simplement interprété des détails et en ont déduit qu’il s’agissait bien de l’animal recherché.


Ils sont arrêtés puis graciés par le Roi Behram, qui découvre en eux de remarquables facultés d’observation et de de déduction. 
Il les nomme conseillers, les comble de cadeaux et leur confie de nombreuses missions, toutes aussi délicates et magiques les unes que les autres…


Ces récompenses, non recherchées au départ, sont le résultat de leur sagacité et forgent ainsi le socle de la sérendipité.


"La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés", Louis Pasteur

Le meilleur exemple en est Christophe Colomb, qui pensait rallier les Indes et qui a découvert l’Amérique. Une « sublime erreur » de plus de 10.000 kilomètres…
C’est aussi le cas de la pénicilline, du four à micro-ondes, du Coca-Cola ou encore du Viagra.

La sérendipité est-elle liée au hasard - si tenté d’ailleurs qu’il existe - ? Je ne crois pas.
La sérendipité est un état d’esprit, une forme de réceptivité et une disponibilité à l’expérimentation et à la découverte.

A un certain moment, il y a quelque chose de magique qui s’opère et qui nous entraîne sur un chemin qu’on n’aurait jamais soupçonné. Mais on est prêt…

La sérendipité est comme un voyage initiatique. Elle nous propose de lâcher-prise (vous savez le fameux dont tout le monde parle) et de sortir de notre zone de confort qui rassure et à laquelle on est habitué.

En bouleversant l’ordre établi et en faisant voler en éclat la routine et la morale, la sérendipité nous invite à prendre un risque et à accueillir la rencontre. La rencontre de soi. La rencontre de l’autre. La rencontre qui enseigne, blesse, enchante ou transcende. Tout simplement la rencontre avec la Vie.

La sérendipité n’a rien à voir avec la chance ou le hasard. C’est la capacité de chacun à saisir une opportunité. C’est être réceptif à ce qui se passe autour de soi. C’est aussi prendre la liberté de comprendre - ou pas - le message qui est transmis. 


Mais c’est surtout je crois, la capacité à ressentir et accepter d’être touché et bouleversé par une émotion.
Publié le 16/10/2018
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