Le Chief Happiness Officer (CHO) : rôle stratégique ou poudre aux yeux en entreprise ?

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Le rôle du Chief Happiness Officer (CHO) oscille souvent entre une intention légitime d’amélioration des conditions de travail et le risque d’un gadget managérial lorsqu’il tente de se substituer aux responsabilités fondamentales des dirigeants. Issu des entreprises de la tech comme Google, le poste de responsable du bonheur vise à optimiser l’environnement professionnel pour réduire l’absentéisme et accroître l’engagement. Néanmoins, décréter le bonheur des équipes est une illusion : la notion de bonheur est strictement intime et subjective, et elle relève de la responsabilité de chaque individu.

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Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

Chief Happiness Officer
Le Chief Happiness Officer (CHO) : rôle stratégique ou poudre aux yeux en entreprise ?
Table des matières

En bref

  • Créée chez Google par Chade-Meng Tan sous l’intitulé « Jolly Good Fellow », la fonction de CHO visait le développement personnel et le bien-être des salariés,
  • L’entreprise doit créer les conditions favorables à l’épanouissement professionnel plutôt que de chercher à « rendre heureux »,
  • Un salarié s’épanouit lorsqu’il adhère à la mission globale de sa structure et qu’il constate l’impact réel de ses actions sur le collectif,
  • Une rémunération juste, la liberté d’initiative et la valorisation des efforts constituent le socle réel du bien-être au travail,
  • Utiliser le titre de CHO sans réformer la gouvernance ni les conditions de travail nuit à la crédibilité managériale.

Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso

Je pense qu’une organisation n’a ni la légitimité ni le pouvoir de rendre ses collaborateurs heureux, car le bonheur relève de la sphère individuelle. La responsabilité de la direction est de garantir un cadre de travail juste, stimulant et protecteur, et non de transformer l’entreprise en « club de vacances » par le biais d’animations superficielles. La motivation et l’esprit d’équipe sont le produit direct d’un leadership authentique et d’une reconnaissance réelle, des missions essentielles qu’aucun dirigeant ne peut transférer à un Chief Happiness Officer.

Définition et origines : qu’est-ce qu’un Chief Happiness Officer (CHO) ?

Le Responsable du bonheur en entreprise, appelé également Chief Happiness Officer (CHO), Happiness Manager, Chief Wellness Officer (CWO) ou encore Feel Good Manager est « un professionnel, en charge des conditions de travail dans une logique d’améliorer le bien-être des salariés ».

La concept a été créé par Chade-Meng Tan, un ingénieur américain, embauché par Google qui s’est concentré sur le développement des personnes et leur bien-être. 

C’est ainsi qu’il a inventé la fonction de « Jolly Good Fellow », que l’on traduit par « super bon camarade ». Depuis, le Monsieur a fait fortune et enseignerait la méditation.

Profil et compétences : quelle formation pour devenir responsable du bonheur ?

Il existe peu de formations de Responsable du bonheur en entreprise.

Généralement, ce sont des collaborateurs déjà en poste qui proposent d’utiliser leurs connaissances du fonctionnement de l’entreprise pour améliorer le bonheur des salariés.

En plus d’adhérer au projet de l’entreprise et à ses valeurs, le Responsable du bonheur au travail doit être ouvert, curieux, dynamique, fin négociateur et innovant. Il doit également démontrer des qualités d’empathie et de communication, et doit avoir fait ses preuves dans l’entreprise.

Rôle stratégique ou gadget : le CHO est-il un miroir aux alouettes en entreprise ?

En tant que Coach professionnelle, je m’interroge : est-ce la vocation d’une entreprise de rendre ses salariés heureux ? J’en doute.

Si on s’attache à la mission d’une entreprise à l’égard de ses employés, son rôle est de créer les conditions favorables pour que ceux-ci s’épanouissent afin de donner le meilleur d’eux-mêmes. 

La notion de bonheur est subjective et intime. C’est à l’individu, et à l’individu seul, que revient la responsabilité (ou le devoir) de définir ce qu’est le bonheur, et en l’occurence son propre bonheur.

Conditions de l’épanouissement : comment créer un cadre de travail sain et motivant ?

  • Un salarié heureux, en plus d’être rémunéré à sa juste valeur, est un salarié qui croit en la mission de son entreprise et qui en partage la vision
  • Un salarié heureux est un salarié qui est en adéquation avec les valeurs de son entreprise et qui les vit pleinement dans l’exercice quotidien de son management.
  • Un salarié heureux est un salarié qui participe à un projet global et qui constate que ses actions contribuent au développement de l’entreprise et au bien-être collectif.

Un salarié heureux est un salarié qui se sent reconnu, valorisé, libre dans ses prises d’initiative et encouragé.

Agnes Menso
  • Un salarié heureux est un salarié que l’entreprise protège, développe et fait progresser pour lui donner envie de rester.

Créer les bases de l’esprit d’équipe, développer le leadership ou encore améliorer la motivation sont le rôle du dirigeant, et non du Chief Happiness Officer. 

Les entreprises n’ont pas attendu de Responsable du bonheur pour organiser des événements et fédérer les équipes. 

Agnes Menso

Nous ne sommes pas dans un club de vacances ; arrêtons de croire qu’il faille organiser des activités ludiques pour rendre les salariés plus heureux et donc plus performants.

Penchons-nous plutôt sur les actes à mettre en place pour soutenir et accompagner les managers dans leur rôle et disons :

  • Oui à des actes qui reposent sur des bases managériales saines,
  • Oui à des actes qui permettent à chacun de prendre se place et d’assumer sa responsabilité,
  • Et enfin, oui à des actes courageux et porteurs de sens !

Outil pratique : matrice d’épanouissement au travail vs illusion du bonheur

FAQ : les questions clés sur le CHO

Pourquoi le rôle du Chief Happiness Officer (CHO) est-il parfois qualifié de poudre aux yeux ?

Le rôle du CHO est perçu comme de la poudre aux yeux lorsqu’il se limite à l’organisation d’activités ludiques sans traiter les causes profondes du mal-être au travail. Proposer des divertissements sans revoir l’équité salariale, la surcharge de travail ou la qualité du management s’apparente à une stratégie d’évitement qui décrédibilise la démarche de l’entreprise.

Quels sont les leviers authentiques de l’épanouissement professionnel ?

L’épanouissement professionnel repose sur une vision claire, des valeurs vécues au quotidien, la liberté d’initiative, des perspectives d’évolution et une juste rémunération. Lorsque le collaborateur se sent protégé par son organisation, reconnu dans sa contribution et encouragé à progresser, sa motivation et son engagement deviennent durables.

C’est quoi le CHO ?

Le CHO (Chief Happiness Officer), également désigné sous les termes de Responsable du bonheur en entreprise, Happiness ManagerChief Wellness Officer ou Feel Good Manager, est un professionnel (généralement rattaché à la DRH), en charge des conditions de travail au sein d’une organisation, avec pour objectif d’améliorer le bien-être des salariés.

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