Le désengagement des collaborateurs se cristallise principalement autour de deux comportements opposés mais issus d’un mal similaire : le quiet quitting (ou démission silencieuse), où le salarié se replie sur ses strictes obligations contractuelles pour préserver sa santé mentale, et le loud laboring (ou travail bruyant), où il s’agite de façon permanente pour prouver sa valeur. Loin d’être une mode passagère née sur les réseaux sociaux, ces manifestations sont les symptômes d’une crise profonde de la motivation au travail et d’une rupture du contrat de confiance entre l’individu et l’organisation.
Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

AM+
Ces phénomènes ne traduisent pas une paresse générationnelle, mais une défaillance flagrante du management de la reconnaissance. Face à cette situation, le renforcement du contrôle est une erreur stratégique majeure. Pour les dirigeants et les managers, décoder ces signaux est devenu une compétence indispensable pour restaurer la sécurité psychologique et basculer vers un management par la responsabilité afin de pérenniser la performance des équipes.
Table des matières
En bref
- Le quiet quitting est une stratégie de préservation de soi face au risque de burn-out et à un manque de sens au travail ; le salarié fait son travail, mais uniquement son travail,
- Le loud laboring est une réponse directe à l’anxiété managériale, caractérisée par une énergie considérable déployée à montrer qu’on travaille, souvent au détriment de la valeur ajoutée réelle,
- La cause racine réside dans les défaillances criantes du management de la reconnaissance et une perte globale de repères systémiques,
- La solution ne se trouve pas dans l’augmentation du contrôle, mais dans l’instauration d’un cadre de sécurité psychologique et la co-construction des objectifs via un management par la responsabilité.
Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso
En tant que coach systémique, je constate quotidiennement dans mes entretiens de coaching que le quiet quitting et le loud laboring ne sont pas des défaillances individuelles à sanctionner. Ce sont des réponses logiques d’individus et d’équipes face à un système organisationnel devenu anxieux ou non aligné. « Corriger » un collaborateur par des outils de flicage numérique ou des injonctions au présentéisme est un contresens managérial majeur qui ne fait qu’aggraver la défiance. La clé du réengagement réside uniquement dans la capacité du dirigeant à faire évoluer sa propre posture, afin de développer un management par la responsabilité axé sur la valeur réelle plutôt que sur une visibilité théâtrale improductive.
Il vous reste 67% de l’article à lire
Achetez cet article pour continuer la lecture
Déjà abonné ? Connectez-vous
*Premier trimestre d'abonnement à 39,90€ par mois, puis 9,90€ par mois à partir du 19 octobre 2026. Félicitations ! Vous êtes sur le point d'acquérir votre abonnement. C'est la meilleure solution pour gagner du temps et accéder à des publications de qualité.
Vos e-books offerts avec l’achat de cet article

Comment réparer le contrat de confiance avec la reconnaissance existentielle ?
Découvrez comment dépasser le paradigme du contrôle grâce à la responsabilité partagée et à la reconnaissance existentielle

Comment protéger vos managers de proximité avec la régulation systémique ?
Retrouvez dans un guide opérationnel tous les outils de régulation systémique et la posture à adopter pour conduire vos équipes vers la responsabilité partagée.

Développer la posture managériale par la responsabilité partagée
Découvrez comment passer d’une posture de manager contrôleur à une posture de manager coach en faisant évoluer votre ligne hiérarchique vers la responsabilité partagée grâce aux 3P et à l’expression d’intentions claires.
FAQ : les questions clés sur le désengagement en entreprise
Quelle est la différence principale entre le quiet quitting et le loud laboring ?
Le quiet quitting est une stratégie de retrait et de minimalisme contractuel : le salarié fait le strict nécessaire pour protéger sa vie privée et sa santé. Le loud laboring est une stratégie d’hyper-visibilité artificielle : le salarié en fait le moins possible sur le fond mais déploie une énergie considérable sur la forme pour paraître indispensable et surchargé.
Le quiet quitting est-il contagieux au sein d’une équipe ?
Oui, et de manière systémique. Lorsqu’un membre de l’équipe passe en quiet quitting sans que le manager n’intervienne pour rééquilibrer l’organisation, sa charge de travail invisible est souvent reportée inconsciemment sur ses collègues les plus engagés. Ces derniers, confrontés à une surcharge accrue et à un manque de reconnaissance de cet effort supplémentaire, risquent à leur tour de basculer dans le quiet quitting par épuisement ou par sentiment d’injustice.
En quoi la théâtralisation du travail entraîne-t-elle le désengagement ou le départ des collaborateurs discrets ?
Le loud laboring provoque une forte injustice perçue et une baisse globale de la motivation au sein du groupe. Voir les collaborateurs les plus « bruyants » systématiquement favorisés par la direction crée un sentiment d’iniquité profonde chez les salariés rigoureux mais silencieux. Ce déficit de reconnaissance objective pousse inévitablement ces « travailleurs de l’ombre » soit à basculer à leur tour dans le quiet quitting, soit à choisir le départ définitif de l’organisation.
Le management de la reconnaissance peut-il suffire à lui seul à stopper le désengagement ?
Il est bien sûr un levier majeur, mais il doit en parallèle s’accompagner d’une réflexion globale sur le sens au travail et la charge réelle. Reconnaître les efforts d’un collaborateur qui ne croit plus au projet de l’entreprise ou qui est structurellement en surpoids d’activité ne suffira pas à le réengager. La reconnaissance est le carburant de la motivation, mais le moteur reste l’alignement entre les aspirations de l’individu et la vision stratégique de l’organisation.




Comment réagir face à un collaborateur identifié comme loud laborer ?
Il ne faut pas l’affronter directement sur sa sincérité, ce qui renforcerait sa posture défensive. La clé est de recadrer l’évaluation sur les livrables factuels (outputs). Demandez-lui de formaliser ses résultats lors de points individuels réguliers et courts. Supprimez l’intérêt de sa mise en scène en ne valorisant, lors des réunions d’équipe, que les contributions concrètes et mesurables, tout en le rassurant sur le fait que sa place est sécurisée par son travail réel et non par ses horaires de connexion.