L’expression « se faire violence », bien que profondément ancrée dans le langage courant, traduit une lutte intime et une contrainte psychologique qui s’avèrent contre-productives pour la performance à long terme. Dans un environnement d’entreprise hautement compétitif où les exigences se multiplient, s’obliger brutalement à surmonter ses résistances ou ses peurs peut fonctionner de manière éphémère. Cette méthode de force intérieure épuise les ressources cognitives, génère un stress chronique et conduit fréquemment au découragement, à l’abandon ou au burn-out.
Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

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La performance managériale durable ne repose pas sur la maltraitance de soi, mais sur la mise en place d’une autodiscipline rigoureuse, consciente et respectueuse de ses besoins fondamentaux. Apprendre à écouter les signaux d’alerte de son corps, planifier des habitudes saines (savoir dire non, déléguer) et cultiver l’auto-compassion permet aux leaders de repousser leurs limites et réaliser leurs ambitions sans se nuire et se détruire.
Ce rééquilibrage stratégique permet de substituer la bienveillance à la contrainte pour accomplir de grandes choses avec calme et sérénité.
Table des matières
En bref
- Se faire violence est une méthode efficace pour tenir sur le long terme : faux. Se forcer brutalement peut fonctionner à court terme, mais à quel prix ! A long terme, cela épuise la motivation, génère du stress et mène souvent à l’abandon. Une démarche plus douce, respectueuse de son rythme et de ses besoins, est bien plus durable.
- Se faire violence prouve qu’on a une forte volonté : faux. La volonté, ce n’est pas se maltraiter pour avancer. La vraie force, c’est de savoir s’écouter, faire preuve de discipline intelligente, et trouver des stratégies qui respectent à la fois ses objectifs et son bien-être. La violence envers soi n’est pas du courage, c’est souvent un signal d’alerte.
- Il est parfois utile de sortir de sa zone de confort, mais sans se brutaliser : vrai. Grandir implique parfois de dépasser ses peurs ou ses hésitations, mais cela peut se faire avec bienveillance. L’idée n’est pas de se faire violence, mais de se challenger progressivement, avec lucidité et respect de soi.
Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso
Se faire violence est une expression riche en significations et en implications, que je n’apprécie que très moyennement. Imposer une force intentionnelle contre soi-même s’apparente à une forme de maltraitance inconsciente dans un monde déjà naturellement violent. Pourquoi rajouter de la violence à la violence? Je refuse catégoriquement d’affirmer que se faire violence est un moyen de développement personnel ou professionnel. L’excellence ne doit pas se payer au prix de la souffrance ou de l’épuisement. Pour ma part, je suis plus dans la recherche du juste milieu, à savoir substituer à la brutalité des mots, des expressions plus saines et constructives telles que se discipliner, s’efforcer, se maîtriser ou surmonter ses résistances.
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FAQ : les réponses à vos questions sur se faire violence
C’est quoi la violence en philosophie ?
En philosophie, la violence est un concept complexe qui englobe plusieurs dimensions, allant de la force physique brute à des formes plus subtiles de coercition et de domination. De Thomas Hobbes, en passant par Jean-Jacques Rousseau, Friedrich Nietzsche, Emmanuel Kant ou Hannah Arendt, tous le philosophes se sont interrogés sur la nature et la légitimité de la violence : violence inhérente à l’état de nature, produit de la société et de ses inégalités, force créatrice et moteur de changement, atteinte aux principes de respect de dignité humaine et d’autonomie, ou encore lien avec un pouvoir légitime en déclin…
Dans tous les cas, la violence en philosophie reste un concept complexe qui englobe plusieurs dimensions et qui soulève des questions sur la nature du pouvoir, de la justice, et de l’éthique.
Quel est le synonyme de brutalité ?
Le terme brutalité désigne une violence physique ou verbale qui est exercée de manière excessive, cruelle ou sans retenue. Les synonymes de brutalité sont sauvagerie, cruauté, barbarie, bestialité, dureté, férocité, inhumanité, rudesse, acharnement, … Le synonyme le plus courant est violence. Chacun de ces mots souligne différents aspects de la brutalité : force physique, cruauté intentionnelle, absence de compassion.
Quels sont les trois types de violence ?
Il existe la violence physique, la violence psychologique (ou émotionnelle) et la violence structurelle (ou systémique).
La violence physique implique l’utilisation de la force pour causer des blessures ou des dommages corporels.
La violence psychologique (ou émotionnelle) vise à affecter le bien-être mental et émotionnel d’un individu.
La violence structurelle (ou systémique) est quant à elle moins visible mais tout aussi insidieuse. La discrimination, le racisme institutionnel, et la pauvreté en sont des exemples.
Ces trois types de violence sont souvent interconnectés et peuvent se renforcer mutuellement. C’est ainsi qu’ils contribuent à la perpétuation de la souffrance et des injustices dans la société.
Quelle est la différence fondamentale entre « se faire violence » et « se dépasser » ?
La différence réside dans l’intentionnalité et le respect de son intégrité : l’un relève de la maltraitance subie, tandis que l’autre est un acte conscient de confiance envers son potentiel. Se faire violence implique une notion de brutalité, de négation de ses propres limites et de souffrance destructrice. À l’inverse, se dépasser ou s’ouvrir à de nouvelles compétences est un processus actif, exigeant et conscient, mené avec bienveillance. C’est un engagement positif envers son propre avenir qui permet de vaincre ses incertitudes et de réaliser ses ambitions sans se détruire.
Pourquoi l’approche consistant à « se faire violence » est-elle intenable à long terme ?
Parce que forcer ses résistances par la contrainte et la brutalité psychologique épuise les réserves d’énergie de l’individu. Si l’utilisation de la force intérieure permet de franchir des obstacles ou de tenir des délais serrés à court terme, elle agresse la motivation profonde. S’imposer des efforts considérables au mépris de la fatigue ou du découragement génère un stress chronique qui mène inévitablement à l’abandon ou au burn-out. S’inscrire dans la performance durable requiert une discipline intelligente, capable de respecter le rythme, les valeurs et les besoins de chacun.


