Comment affranchir votre esprit des biais de jugement ?

18min de lecture

Les biais de jugement sont des déformations automatiques et inconscientes de notre perception ou de notre raisonnement qui altèrent notre capacité à évaluer objectivement la valeur d’un individu ou d’une situation. Introduits au début des années 1970 par les psychologues Daniel Kahneman (Prix Nobel d’Économie) et Amos Tversky pour expliquer les décisions irrationnelles, ces raccourcis mentaux s’activent au quotidien, dans le travail, les relations ou les recrutements, sans que nous en ayons conscience. Être intelligent ou formé ne permet pas d’y échapper totalement, car les biais de jugement sont intrinsèquement liés au fonctionnement biologique du cerveau humain, poussant l’esprit à formuler des jugements de valeur subjectifs fondés sur de pures suppositions.

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Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

Les biais de jugement
Comment affranchir votre esprit des biais de jugement ?

Pour éviter des erreurs relationnelles ou les tensions internes comme la dissonance cognitive, il est possible de s’en prémunir en restaurant l’esprit critique, le recul et l’écoute attentive.

Table des matières

En bref

  • Les biais de jugement sont des déformations automatiques de notre perception ou de notre raisonnement : vrai. Ils nous amènent à tirer des conclusions rapides, souvent basées sur des raccourcis mentaux. Par exemple, le biais de confirmation nous pousse à chercher des informations qui confirment ce qu’on pense déjà, en ignorant les autres.
  • Les biais de jugement peuvent influencer nos décisions sans qu’on en ait conscience : vrai. Les biais de jugement se glissent dans nos choix du quotidien, dans le travail, les relations ou les recrutements, sans qu’on réalise qu’on est biaisé.
  • Être intelligent ou formé permet d’éviter complètement les biais de jugement : faux La conscience de ces biais aide à les limiter, mais personne n’y échappe totalement, car ils sont liés au fonctionnement même du cerveau humain.

Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso

Le jugement n’est pas un acte d’évaluation subjective dicté par des préjugés, des croyances ou des stéréotypes. Déjouer les biais de jugement est un acte de discipline mentale et d’humilité intellectuelle. Retrouver sa lucidité impose de prendre le recul nécessaire pour porter un regard neutre sur ce qui nous entoure et s’affranchir des conclusions hâtives de notre cerveau. Quel que soit son niveau d’intelligence ou de formation, personne n’échappe totalement à ces déformations automatiques de la perception ; la responsabilité de chacun réside alors dans sa capacité à reconnaître sa propre faillibilité pour mieux s’en prémunir.

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Les réponses à vos questions sur les biais de jugement 

Pourquoi la formation ou l’intelligence ne suffisent-elles pas à éliminer les biais de jugement ?

Parce que les biais de jugement sont des déformations de perception automatiques directement liées à la structure biologique et au fonctionnement du cerveau humain. L’intelligence et l’expertise permettent de développer une conscience fine de ces raccourcis mentaux pour en limiter l’impact sur nos choix quotidiens, mais personne ne peut s’en affranchir totalement.

Comment l’effet Dunning-Kruger et le sentiment d’imposture freinent-ils l’évolution des profils compétents ?

L’effet Dunning-Kruger crée un double paradoxe : alors que les individus peu qualifies surestiment naturellement leurs capacités, les experts de terrain ont tendance à douter profondément d’eux-mêmes. Ce sentiment d’imposture permanent amène l’individu compétent à se cacher pour ne pas s’exposer, l’empêchant ainsi de valoriser son expertise et d’accéder à des postes à plus fortes responsabilités.

En quoi l’association du biais d’auto-complaisance et de l’excès de confiance est-elle dangereuse pour l’entreprise ?

Cette combinaison bloque systématiquement toute capacité d’analyse critique, de remise en question et d’écoute des feedbacks constructifs. L’individu s’attribue l’exclusivité des réussites collectives tout en rejetant systématiquement la responsabilité de ses échecs sur des facteurs externes. Ce déni fait obstacle à la réflexion en profondeur, indispensable pour mener une conduite du changement.

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