L’adulte zèbre

Adulte zèbre

Haut potentiel (HP), haut potentiel intellectuel (HPI), zèbre, précoce, surdoué… Les qualificatifs pour désigner l’adulte zèbre ne manquent pas. On dit souvent du zèbre qu’il est « trop » : trop sensible, trop empathique, trop émotif, trop arrogant (du moins en apparence), trop anxieux, trop exigeant, trop intense… Doté d’une intelligence cognitive et émotionnelle hors norme, l’adulte zèbre est différent dans sa façon de penser, de réfléchir, de comprendre son environnement, d’appréhender des situations ou de ressentir son entourage. 

Depuis plusieurs années, de nombreux articles (sans parler de TF1 qui s’est emparé du sujet) sont consacrés à la psychologie du zèbre et de l’adulte surdoué. Pourquoi un tel engouement, une telle fascination ? Et d’ailleurs, que veut dire « être zèbre » ? Pour quelles raisons parle-t-on de « zèbre » ? Quel est le profil de l’adulte surdoué ?

A la fin de cet article, je répondrai à 3 questions que me posent mes clients sur les « adultes zèbre ».

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Définition de l’adulte zèbre

Reprenons depuis le début… Vous allez voir comment l’analogie entre l’animal et l’adulte zèbre est intéressante et riche d’enseignement, qu’il soit basé sur des hypothèses non vérifiées ou sur la science. 

Le zèbre (l’animal) est un équidé, comme l’âne ou le cheval. Il se distingue par ses rayures, toutes différentes les unes des autres et uniques pour chaque animal, comme une empreinte digitale. Au stade fœtal initial, l’animal est noir, ses rayures n’apparaissant que plus tard. Plus l’animal grossit, plus les bandes noires et blanches deviennent nombreuses. Les stries noires et blanches permettraient aux zèbres de mieux :

  • Résister aux prédateurs : en groupe, les rayures auraient un effet stroboscopique quand le troupeau prend la fuite, rendant flou le contour d’un animal aux yeux d’un prédateur lors d’une attaque, 
  • Supporter les fortes chaleurs : Les bandes noires et blanches chaufferaient différemment et permettraient ainsi à l’animal d’avoir une température corporelle inférieure à celle d’herbivores de taille similaire paissant dans les mêmes conditions (29,2°C contre 32,5°C),
  • Se reconnaitre : Les rayures faciliteraient la reconnaissance et l’identification de chaque individu d’un groupe grâce au dessin de rayures unique (cohésion sociale).

Ces approches n’ont pas été pas validées scientifiquement, et la théorie selon laquelle les rayures permettraient un meilleur camouflage dans la savane, a été démentie en 2016 ; le zèbre et ses rayures étant bien trop visibles des prédateurs ! 

En revanche, les scientifiques ont découvert que les rayures protégeraient les zèbres de la mouche tsé-tsé et des piqûres douloureuses des taons. En effet, d’après ces chercheurs, les rayures perturberaient la lumière polarisée, à laquelle les taons sont particulièrement dépendants, rendant ainsi difficile leur atterrissage sur l’animal.

Notons également que les hommes ont renoncé à domestiquer le zèbre : ses réactions d’évitement rendent impossible sa capture au lasso, l’animal étant capable de se battre (ses ruades peuvent casser la mâchoire d’un lion), de s’enfuir et de mordre avec une grande violence… On a connu mieux pour la domestication ! L’homme lui a donc préféré l’âne et le cheval, bien plus dociles.

Indépendance, sur-adaptabilité, personnalité atypique, vous vous rendrez compte, à la lecture de cet article, combien l’attitude des personnes zèbres est proche de celle de l’animal… Le terme de « zèbre » a été introduit par la psychologue Jeanne Siaud-Facchin (auteur de L’enfant surdoué et Trop intelligent pour être heureux) pour se dégager des représentations parfois pesantes telles que « surdoué », « haut potentiel », « enfant précoce ». 

Les caractéristiques de l’adulte zèbre 

Le zèbre se caractérise par un QI supérieur ou égal à 130 et une sensibilité émotionnelle exacerbée. Le QI seul ne suffit pas (la sensibilité émotionnelle non plus) pour être zèbre ; ces deux facteurs sont indissociables l’un de l’autre. A la première lecture, si on s’en tient à ce raisonnement, tout cela peut sembler bien simple. Et pourtant, en creusant un peu dans l’univers des neurosciences, on se rend compte que c’est bien plus complexe qu’il n’y parait. 

Le haut potentiel intellectuel (HPI) de l’adulte zèbre

Le test qui mesure le quotient intellectuel (QI) est, pour les adultes à partir de 16 ans, la WAIS-IV (Wechsler Adult Intelligence Scale). Il a été mis au point par David Wechsler et est aujourd’hui un test de référence pour mesurer l’intelligence cognitive (les compétences intellectuelles). Ce test psychométrique fournit une évaluation quantitative standardisée qui va détecter (ou pas) un profil à haut potentiel. Pour un HPI, l’indice retenu est de 130, alors qu’il est de 100 pour les individus non HPI. 

Le test WAIS-IV se décompose en 4 catégories :

  • La compréhension verbale,
  • Le raisonnement perceptif,
  • La mémoire de travail,
  • La vitesse de traitement.

Penchons-nous sur les caractéristiques de l’intelligence du zèbre et le fonctionnement de son cerveau :

Un cerveau en ébullition

C’est la conséquence de la construction du cerveau de l’adulte surdoué, où une question chasse l’autre, et où une pensée en entraîne une autre. Pour faire très simple, le cerveau se compose de matière grise (les neurones) et de matière blanche (le prolongement des neurones, qu’on appelle les axones et les dendrites). Chez l’adulte zèbre :

  • La densité de neurones est deux fois supérieure à la moyenne dans les lobes frontaux et pariétaux (raisonnement et sensorialité),
  • Les neurones sont organisés différemment,
  • Les axones (prolongement du neurone) sont plus larges, plus denses et mieux organisés,
  • Les deux hémisphères du cerveau coopèrent et interagissent mieux pour certaines tâches,

Sur un plan purement neuronal, l’intelligence du zèbre lui permet donc de capter les informations intérieures et extérieures, ainsi que des détails imperceptibles de façon plus rapide et plus efficace que d’autres individus.

Une pensée en arborescence et foisonnante

Elle ressemble au « mind mapping » et se caractérise par un déploiement dans plusieurs directions et bien souvent en même temps. Avec des connexions ultra-rapides, le zèbre fonctionne par analogie et association d’idées. L’adulte zèbre a donc toujours « plusieurs métros d’avance » et des idées innovantes ; un élément en entraînant un autre, puis un autre, et encore un autre… C’est un fonctionnement en réseau, qui perd et épuise autant le zèbre que celles et ceux qui l’écoutent. Il peut d’ailleurs avoir des difficultés à expliquer son cheminement et son raisonnement, qui sont logiques pour lui, et pas toujours pour les autres.

La pensée en arborescence est un pensée très créative (on parle d’intelligence créative) qui permet le développement d’idées nouvelles, mais qui génère également une certaine souffrance : le « mode off » n’existe pas, l’imagination est débordante… C’est la porte ouverte aux insomnies et à l’anxiété.

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Une sensibilité exacerbée

Le zèbre ressent tout plus et plus vite. Il percevra rapidement et intuitivement la lourdeur ou la légèreté d’une atmosphère. Des événements, anodins pour la plupart des individus, produisent en lui, un véritable tsunami émotionnel. C’est la raison pour laquelle certains épisodes peuvent tourner au drame et vont prendre des proportions qui seront considérées comme déplacées et injustifiées. Cette (hyper) sensibilité émotionnelle se retrouve par exemple dans leur besoin viscéral de justice et dans la profonde empathie qu’ils ont envers autrui. 

Un décalage permanent 

Il est fréquent que le zèbre ne se sente pas à sa place, comme s’il était en décalage avec ce qu’il est vraiment et avec les autres. Il peut vivre une vie qui n’est pas la sienne, avec des comportements qui ne lui ressemblent pas et qui ne sont pas en adéquation avec ses valeurs et ce qu’il est au fond de lui. Cette impression d’être différent peut se retrouver dans :

  • Sa façon de réfléchir (pensée foisonnante en arborescence), 
  • Sa capacité à travailler vite, sous pression et avec peu d’erreurs, 
  • Un fonctionnement neuro-atypique (présence d’un trouble « dys » – dyslexie, dyscalculie, dyspraxie, trouble de l’attention, hyper-activité, syndrome d’Asperger, …), à diagnostiquer auprès de professionnels.

Cette situation de décalage permanent peut être d’autant plus difficile à vivre que bon nombre d’adultes zèbres s’ignorent. Comme si être surdoué n’était pas pour eux ou ne les concernait pas. 

Ces aspects permettent de mieux comprendre le comportement de l’adulte surdoué. Il serait en revanche bien incomplet si nous ne parlions pas de son haut potentiel émotionnel.

Le haut potentiel émotionnel (HPE) du zèbre

Même si on parle bien plus de HPI (l’intellect ayant toujours supplanté l’aspect émotionnel), le HPE (haut potentiel émotionnel) est tout aussi important. L’intelligence émotionnelle (EI) est une forme de douance et a été définie en 1990 par les psychologues Peter Salovey et John Mayer comme « la capacité de reconnaître, comprendre et maîtriser ses propres émotions et à composer avec les émotions des autres personnes. Elle est proche du concept d’intelligence sociale ». Elle a été par la suite largement développée en 1995 par Daniel Goleman dans son ouvrage Emotional Intelligence. Elle est à la base des qualités managériales recherchées dans l’environnement professionnel et du leadership en entreprise. L’intelligence émotionnelle se caractérise par :

  • Une bonne connaissance de soi,
  • La capacité à faire preuve d’empathie
  • La capacité à gérer ses émotions,
  • De réelles compétences en communication, 
  • La capacité à construire et à entretenir des relations humaines saines et équilibrées, 
  • L’adaptabilité permanente aux autres et à son environnement, 
  • La capacité à faire preuve d’assertivité,
  • Une bonne dose d’intuition, 

Elle englobe ce qu’on appelle les « soft skills »et se mesure via des tests d’intelligence émotionnelle. Même s’il y a parfois confusion, le haut potentiel émotionnel est différent de l’hypersensibilité. Selon Nathalie Clobert, psychologue spécialisée en haut potentiel et en hypersensibilité, « l’hypersensibilité désigne une sensibilité nettement plus élevée aux stimulations et une réactivité émotionnelle plus élevée. Si vous la gérez bien, cela peut donner lieu à des compétences émotionnelles très élevées ». Elle précise également que les individus HPE ont souvent une vive sensibilité émotionnelle et une hypersensibilité. 

Notons que les caractéristiques entre le HPI et le HPE sont semblables, et qu’un individu peut être HPE sans être HPI. En effet, le potentiel émotionnel peut se développer tout au long de notre vie.

Une très forte empathie

Composante majeure de l’intelligence émotionnelle, l’empathie est un trait de personnalité qui se caractérise par la capacité d’une personne à comprendre et à partager les émotions des autres.

Une personne empathique est capable de se placer à la place d’autrui en essayant de comprendre ses sentiments et ses points de vue.

Agnes Menso, Coach professionnelle et Coach personnelle

L’empathie aide à renforcer les relations humaines grâce au sens de l’écoute et du partage. Elle est très développée chez les hauts potentiels, qui sont des proies de choix faciles pour les manipulateurs et les pervers narcissiques. 

L’hyperesthésie

Elle se définit comme l’ultra-sensibilité de l’un des 5 sens : le HP peut être très incommodé par une odeur, une luminosité trop intense, des bruits trop forts, le composant d’un vêtement qui gratte, ou encore des contacts.

Le perfectionnisme

Le haut potentiel ne se satisfait jamais d’un travail inaccompli et bâclé, et encore moins d’une qualité médiocre. Cette très forte exigence se traduit :

  • Vis à vis de lui,
  • Vis à vis des autres,
  • Dans ce qu’il pense que les autres attendent de lui. 

Si on conjugue son mode de pensée « à haut débit » et l’idée que « choisir, c’est renoncer », il lui est impossible de s’arrêter et de se satisfaire. Curieux et acharné, il peut travailler des heures durant, faire-fi de ce qui l’entoure, s’épuiser et s’oublier complètement. 

Le doute permanent

Il est en relation directe avec la confiance en soi. En effet, la douance conduit l’adulte à haut potentiel à douter en permanence. C’est le syndrome de l’imposteur : « Est-ce que je vais être à la hauteur ? Ils vont se rendre compte que je suis nul, … ». Sans compter que tant qu’il n’aura pas trouvé son chemin, le HP risque malheureusement de rater tout ce qu’il entreprend. Cette auto-critique saborde son estime, sa confiance en lui et son moral.

Le surdoué doit aussi comprendre qu’il n’a pas tous les talents et il peut se rendre malade de voir qu’un individu réalise des choses mieux que lui ou qu’il ne peut tout simplement pas les faire. Les HPI ont également des difficultés à faire valoir leurs compétences, et pour eux, un travail réalisé facilement est normal ; ils estiment d’ailleurs qu’ils n’ont aucun mérite et n’en retirent aucune satisfaction.

Le désir de s’adapter à tout prix

L’homme zèbre, tout comme la femme zèbre ont tendance à endosser un rôle pour plaire au plus grand nombre, se protéger et tenter de passer inaperçu en se fondant dans la masse. C’est la construction d’un « faux self », qui enlève toute spontanéité, et annihile leurs particularités et leurs spécificités. Peu à peu, ils deviennent un autre individu, qui va s’oublier et peut-être jouer, s’ils ne sont pas diagnostiqués, ce rôle tout au long de leur vie. En effet, tant que le haut potentiel n’a pas pris réellement conscience de sa différence (qu’il suppose et qu’il vit mal), il va continuer dans ce cycle infernal de la sur-adaptation.

Un parcours parfois difficile et chaotique

Je tiens à insister sur le « parfois ». Sans être diagnostiqués, on peut avoir à faire à des individus angoissés et déprimés, qui n’osent plus prendre la parole, qui se renferment, « se blindent » pour moins ressentir et mieux se protéger. Certains peuvent ainsi passer une grande partie de leur vie « à côté de leurs pompes ». 

Passer un test pour l’adulte zèbre (test de QI) permet de lever de nombreux questionnements et de mieux comprendre son histoire pour se réconcilier avec elle et avec l’individu que le zèbre est au fond de lui. En effet, l’adulte zèbre a été un enfant zèbre… On ne devient pas zèbre en grandissant ; on nait zèbre et les caractéristiques de l’enfance s’amplifient à l’âge adulte.

Le test pourra lui permettre de nommer une différence et comprendre qu’être zèbre n’est pas une maladie honteuse. Ce n’est pas non plus être supérieur.

Être zèbre, c’est mobiliser une intelligence différente, une sensibilité, des émotions et des ressources de façon distincte des autres. 

Agnes Menso, Coach professionnelle et Coach personnelle

Une fois les résultats obtenus, il est indispensable de se faire accompagner par un professionnel aguerri et sensibilisé à ces spécificités, qui aidera le zèbre adulte à comprendre et décoder son mode de fonctionnement et trouver son équilibre. Car il y autant d’équilibres possibles que de variétés de rayures de zèbres… 

C’est un long travail car il va falloir apprendre à se pardonner, à s’accepter et s’aimer tel qu’il est. C’est néanmoins un cheminement passionnant de découverte, d’exploration et de tâtonnement de soi, dans lequel il peut trouver sa voie (ou sa voix) pour exprimer pleinement son potentiel, sa créativité, exceller et s’épanouir naturellement, sans peur d’être rejeté ou de ne pas se sentir à la hauteur.

Adulte zèbre, comment savoir ?

Le test WAIS-IV posera (ou pas) le diagnostic de la surdouance. Certains syndromes du zèbre sont également des traits de caractère ou des composantes d’un individu, sans qu’il y ait la moindre trace de HP. C’est le cas par exemple du perfectionnisme, du syndrome de l’imposteur ou encore de l’empathie.

Comme beaucoup de zèbres ignorent qu’ils sont HP, le déclencheur vient souvent de l’extérieur. Ce sont généralement des parents qui prennent conscience de leur multi-potentialité en faisant tester leur enfant. Ils se reconnaissent dans sa façon de penser, de se comporter, ou encore dans son ultra-sensibilité, … La nouvelle fait généralement la sensation d’une douche glacée mais, accompagnée et mise en mots (et plus en maux), elle devient libératrice. Les adultes zèbres se demandent alors pour quelles raisons ils ont attendu si longtemps alors que le faisceau de présomptions était bel et bien réel. 

Un événement professionnel douloureux, vécu comme injuste, peut pousser le zèbre adulte à sauter le pas et réfléchir à ce qu’il veut faire de sa vie. Enfin un échec amoureux, une déception amicale qu’il ne va pas comprendre et vivre comme une trahison peuvent l’amener également à passer des tests. Mais gardons à l’esprit que le zèbre adulte ne se définit pas que par un test de QI !

Les zèbres ont un « câblage différent » de celui de la plupart des individus. Cette incompréhension de part et d’autre peut parfois donner l’impression que les HPI vivent sur une autre planète, ou du moins dans leur monde. 

Alors comment aider un adulte zèbre ? Comment vivre en couple avez un zèbre ? Si le zèbre adulte nous paraît trop émotif ou trop empathique, cela m’amène à m’interroger.

Et si c’était les non-zèbres qui n’étaient pas assez sensibles, pas assez empathiques, pas assez déterminés, pas assez investis ou exigeants ?

Agnes Menso, Coach professionnelle et Coach personnelle

L’équilibre peut sembler difficile à trouver tant le gouffre est immense, mais il est là ; tout est question de justesse. Alors zèbre ou pas zèbre, faisons preuve d’écoute, de tolérance, d’amour, de compréhension, de bienveillance et d’empathie, de gentillesse et d’humour. Cela fonctionne bien évidemment des deux côtés ! Accepter cette différence et en faire un terreau fertile de développement, permet à chacun de s’enrichir au contact de l’autre et de grandir. Il y a effectivement à apprendre de tous.

L’adulte zèbre au travail

L’adulte zèbre est souvent recruté pour ses talents de créativité, de forte adaptabilité, ses capacités de travail et de raisonnement hors du commun, son empathie, sa droiture, sa résilience, ses idées atypiques, … Ce sont bien souvent ces qualités qu’on lui reproche et qui sont dénigrées par ceux qui les ont tant encensées. Le monde à l’envers !

Même si ces qualités sont le socle du leadership au travail et du charisme, elles peuvent effrayer. Comment contrôler un collaborateur qui :

  • Pense différemment,
  • Questionne sans relâche, 
  • Pointe du doigt des insuffisances dont la plupart se satisfont, 
  • Travaille plus vite et mieux, 
  • Peut mener de front plusieurs chantiers sans commettre d’erreurs, 
  • Se bat,
  • Prend des initiatives, qu’il justifie sans cesse, car il ne comprend pas certains processus de décision qui n’ont aucun sens, 
  • S’érige contre l’injustice, quitte à outrepasser ses prérogatives et court-circuiter sa hiérarchie,

Le fonctionnement de l’adulte zèbre suscite de la jalousie. Leur curiosité et leur crainte de l’ennui les font s’investir dans de nombreux projets. Le manipulateurs et les mauvaises langues diront d’eux qu’ils sont dispersés, instables et qu’ils cherchent à se « faire mousser ». Ils ne comprendront pas non plus que l’adulte surdoué peut lire en peu de temps un rapport indigeste et pointer du doigt le détail que personne n’a vu. Le burn-out devient un de ses meilleurs ennemis.

L’adulte surdoué a également besoin de comprendre les instructions qui lui sont données. Il a effectivement du mal à obéir à des règles qu’il estime stupides, et il n’hésite pas à questionner son manager sur le pourquoi du comment d’une action dont il ne perçoit pas la finalité. C’est le début des ennuis, car ses questions incessantes fatiguent et mettent bien souvent en exergue des dysfonctionnements. Le zèbre est alors soupçonné d’être arrogant, donneur de leçons et bien trop sûr de lui. On lui prête des intentions d’usurpateur, et très vite il se retrouve en marge du fonctionnement de l’entreprise.

Même s’il est pugnace, la démotivation, l’immobilisme et la procrastination le guettent. Isolé, l’adulte zèbre ne comprend pas pourquoi ses suggestions ne sont pas entendues, ni pourquoi il n’est pas écouté. Ce manque de reconnaissance devient à terme une véritable souffrance et peut conduire à un profond mal-être, dont les conséquences sont graves : troubles alimentaires, profonde dépression, suicide, …

Résilient, l’adulte zèbre encaisse et se relève même si certaines blessures font plus mal que d’autres. La douleur peut être difficile à digérer et à s’estomper, est ce d’autant plus si elle teintée d’humiliation et de sentiment d’injustice. Mais il peut de nouveau s’enflammer ou retomber à cause d’une petite phrase, qui va le propulser dans les sommets ou au contraire vers les tréfonds. 

Cela peut expliquer que beaucoup de hauts potentiels sont aujourd’hui « sur le carreau » : chômage, burn-out, bore-out, ou vivotent dans un job qui ne leur correspond pas, …

Les entreprises ont très bien compris le vivier que représente le potentiel des individus zèbres. Elles déploient des programmes ambitieux sur-mesure pour les recruter mais surtout les garder :

Le développement du potentiel de l’adulte surdoué est au cœur de la gestion des compétences de l’entreprise, dont l’objectif est de les chouchoute en leur permettant un épanouissement maximum.

La femme zèbre

Même si les caractéristiques de la douance sont identiques selon qu’on ait un cerveau féminin ou un cerveau masculin, la femme surdouée vit sa sur-efficience intellectuelle différemment et avec plus d’intensité que l’homme zèbre :

  • Plus de besoin de reconnaissance : même sur-diplômée, elle doute d’avantage, se questionne plus sur sa légitimité, ses capacités à réussir. La confiance en soi est mise à rude épreuve et le syndrome d’imposteur bien vivace, 
  • Plus d’exigence : vis-à-vis d’elle-même et des autres : elle ne se fait pas de cadeau et attend des autres autant d’implication qu’elle n’en a à son égard,
  • Plus d’adaptation : par crainte de pas être aimée et appréciés pour ce qu’elle est, et tel un caméléon, elle va s’oublier pour mieux s’adapter, chercher à faire plaisir et devancer ce qu’elle imagine être les besoins des autres. Cette création d’une autre identité (le « faux-self » dont nous parlons précédemment) devient à terme une profonde souffrance,
  • Plus passionnée : elle réagit avec force sur des sujets qui lui tiennent à cœur et d’autant plus si des valeurs qu’elle estime fondamentales, sont bafouées. Elle est prête à se battre, soulève des montagnes pour sensibiliser son entourage à la cause qu’elle défend,

Alors qu’un homme (même surdoué) sera perçu comme tenace, exigeant ou charismatique, la femme haut potentiel sera vue comme hystérique, incontrôlable, agressive, trop investie et trop sensible. Elle est régulièrement la cible de comportements et de propos sexistes. Femme ET haut potentiel, double peine ! Les préjugés ont la dent dure… 

Néanmoins, et fort heureusement, bon nombre de femmes et hommes HPI vivent très bien cette différence, qui dès le plus jeune âge, a été considérée comme un atout et un talent à valoriser. Cette différence fait partie intégrante de leur personnalité, elle compose leur être et eux-mêmes composent avec elle. Peu à peu, ils ont appris à oser et se sont donnés, par le biais de la thérapie ou du coaching individuel, les moyens de se connaître, pour accéder à leurs ressources. 

Si vous avez lu cet article sur les caractéristiques des hauts potentiels et êtes arrivé jusqu’à cette conclusion, signifie peut-être que vous vous interrogez sur la personnalité du zèbre… Peut-être vous reconnaissez-vous dans ces spécificités et hésitez à vous faire tester. Avant d’entreprendre une quelconque démarche, je vous recommande d’être vigilant. Les cabinets qui proposent un diagnostic pour adulte à haut potentiel, fleurissent à tous les coins de rue. Le business est très lucratif, les demandes de tests de QI (et les bilans onéreux complémentaires qui lui sont associés) ont explosé avec la COVID et sa ribambelle de confinements ; chacun se posant des questions sur soi et cherchant à donner un sens à sa vie en cette période troublée. Sachez également que le coût d’un test varie très fortement d’une région à l’autre (entre 200 et 600 €). C’est un investissement qui ne peut se prendre à la légère. 

Alors prenez votre temps, renseignez-vous, lisez des articles et des livres sur l’adulte zèbre, consultez des associations, confrontez des avis, rencontrez des spécialistes et choisissez celui avec lequel vous vous sentez bien et en confiance. Et surtout, ne cherchez pas à passer un test « à tout prix » ; suivez votre intuition et vos ressentis. Ils sont votre meilleure boussole, faîtes-vous confiance. 

Les réponses à vos questions sur l’adulte zèbre

Comment reconnaître un adulte zèbre ?

Un adulte zèbre se caractérise par une par une intelligence cognitive et une intelligence émotionnelle hors norme. On parle alors de douance (ou de surdouance). Cette différence s’exprime dans la capacité du l’adulte zèbre à réfléchir, à comprendre et à traiter des informations, dans sa capacité à percevoir et ressentir certaines ambiances, … Si vous rajoutez à cela un sens de l’humour décalé, une très forte empathie, une hypersensibilité, une imagination débordante, la volonté de tout comprendre, une bonne dose de perfectionnisme (et la liste est encore longue !), vous avez peut-être un zèbre en face de vous. Attention néanmoins, une personne hypersensible, curieuse et très empathique, n’est pas HPI pour autant.

Qu’est-ce qu’un zèbre en psychologie ?

Le terme de zèbre en psychologie a été introduit par Jeanne Siaud-Fachin pour parler des personnes à haut potentiel (HP). C’est un individu dont on dira qu’il est surdoué, précoce, HPI. Comme l’animal, il est semblable à ses congénères avec lesquels il se fond pour s’adapter et se faire remarquer le moins possible, mais très différent grâce à la caractéristique unique de ses rayures.

Qu’est-ce qu’une personnalité zèbre ?

Une personnalité zèbre est une personnalité atypique, dans sa façon de réfléchir, de comprendre, parfois de s’exprimer et de ressentir son environnement. On parle de surdoué, d’HPI ou de précoce, mais ce sont des termes emprunts de préjugés, avec des représentations inexactes. C’est une des raisons pour lesquelles il lui est préféré le terme de zèbre. L’analogie avec l’animal que nous avons développée plus haut est également forte intéressante. 

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