Le bore-out, également appelé « syndrome d’épuisement au travail par l’ennui », est un trouble psychologique tabou générant des pathologies physiques réelles, déclenché par un manque cruel d’activité, une monotonie des tâches et une absence totale de satisfaction ou de défis dans le cadre de ses missions. À l’inverse du burn-out (lié à la surcharge de travail et au stress) et du brown-out (provoqué par une crise de sens et un conflit éthique), le bore-out plonge le salarié dans un désœuvrement qui peut altérer profondément la santé mentale et conduire à une dépression. Il touche, selon les enquêtes, jusqu’à 63 % des actifs, et particulièrement les femmes qui dissimulent leur détresse par crainte du jugement. Ce fléau insidieux est désormais qualifié juridiquement de harcèlement moral par la Cour d’appel de Paris lorsqu’il découle d’une mise au placard orchestrée.
Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

Pour briser ce cercle vicieux, la responsabilité incombe principalement aux organisations, qui doivent repenser leur politique, mais également aux managers de proximité, qui doivent être en mesure de le détecter et aux collaborateurs. Ces derniers doivent impérativement écouter leur ressenti, amorcer un dialogue managérial, consulter des professionnels de santé et, si nécessaire, négocier leur départ.
Table des matières
En bref
- Souvent occulté face à la précarité globale, le bore-out est un mal professionnel invisible mais tout aussi dévastateur que le burn-out,
- Être payé sans missions réelles constitue une profonde souffrance psychologique et physique, très éloignée d’une situation idéale,
- Le manque de travail, l’inadéquation des compétences, l’absence de formation et la mise au placard en sont les déclencheurs majeurs,
- Ce trouble se manifeste par de l’isolement, de l’anxiété, une baisse de l’estime de soi, ainsi que des troubles du sommeil, de la mémoire et de l’alimentation,
- Une large majorité de salariés (65 % des femmes et 59 % des hommes) font semblant d’avoir un travail passionnant pour masquer leur désœuvrement,
- Un arrêt historique de la Cour d’appel de Paris en 2020 reconnaît officiellement la sous-activité forcée (bore-out) comme une forme de harcèlement moral,
- Rompre le silence, solliciter un arrêt médical ou oser la démission sont indispensables pour rebâtir un projet professionnel (et personnel) sain.
Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso
J’ai moi-même sombré dans un bore-out sévère après qu’un manager m’ait retiré l’ensemble de mes dossiers. Face à ma hiérarchie qui refusait tout échange, j’ai choisi de démissionner. Ce départ a agi comme un déclic, et ma amenée à réaliser un bilan de compétences puis à créer mon entreprise de coaching professionnel. Je suis convaincue que l’ennui profond détruit autant que le trop-plein d’activité. Le bore-out est un problème de santé publique majeur d’une grande violence. Je rappelle aux salariés qu’il n’y a aucune honte ni culpabilité à admettre qu’un poste ne leur convient plus.
Quelle est la définition du bore-out et quelles sont ses conséquences psychologiques ?
Selon Wikipédia, « le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui ou boreout, (parfois orthographié bore-out), est un trouble psychologique qui engendre des maladies physiques. Ce syndrome est déclenché par le manque de travail, l’ennui et, par conséquent, l’absence de satisfaction dans le cadre professionnel. Il affecterait couramment les individus travaillant en entreprise et notamment les travailleurs du secteur tertiaire ».
Le bore-out n’est donc pas l’ennui fugace qu’on peut ressentir quand on est seul au bureau, ou celui éprouvé vis à vis d’une journée qui manque de rythme. Il est bien plus préoccupant. C’est un ennui profond et mortifère au travail, qui démotive, oppresse et épuise, et dont les conséquences peuvent être graves, puisqu’il peut conduire à la dépression.
On parle alors de désœuvrement ou de « bullshit jobs « , et selon un sondage, réalisé par OpinionWay au cours de l’année 2022, 89% des salariés pensent que l’on s’ennuie au travail.
Quelles sont les causes majeures du syndrome d’épuisement par l’ennui ?
Il n’existe à ce jour pas de test pour mesurer le bore-out. Néanmoins, voici ci-dessous les principales causes qui peuvent conduire au syndrome d’épuisement par l’ennui au travail :
- Manque de travail (c’est la 1ère cause !),
- Manque de sens dans les missions confiées,
- Monotonie et manque de diversité,
- Absence de défis dans le poste,
- Inadéquation entre les compétences et le travail demandé,
- Absence d’évolution professionnelle,
- Absence de formations,
- Mise au placard
Symptômes physiques et comportementaux : comment identifier le bore-out ?
Être payé à ne rien faire est tout sauf un rêve ; c’est une profonde souffrance, qui se traduit par :
- Un ennui profond,
- Une forte baisse de la motivation,
- Du stress et de l’anxiété,
- De l’isolement,
- Une impression d’inutilité,
- De la tristesse,
- Un profond désengagement,
- Des troubles du sommeil,
- Des troubles alimentaires,
- Des troubles de la mémoire,
- De l’angoisse
Tous ces symptômes peuvent avoir des conséquences graves sur le comportement.
Prévention en entreprise : comment stopper l’ennui professionnel ?
L’entreprise a bien sûr une responsabilité à laquelle elle doit faire face : celle d’engager ses salariés. Pour s’adapter, elle doit se réorganiser en permanence. Ses politiques de transformation peuvent malheureusement conduire à confier à des collaborateurs compétents des missions sous-qualifiées et sans intérêt. Avant de vous lancer dans tout projet de conduite de changement :
- Misez plutôt sur la prévention et contactez un coach professionnel qui saura vous accompagner dans le respect de vos valeurs et de celles de votre entreprise,
- Appuyez-vous sur vos managers de proximité, ils sont vos relais avec le terrain,
- Faîtes confiance à votre ressenti quand vous constatez que vous commencez à « vraiment » vous ennuyer, que vous avez de moins en moins de travail, et que vous avez l’impression d’être mis au placard peu à peu,
Il est bien sûr inutile de faire appel à un Chief Happiness Officer (CHO) !
Solutions pratiques : comment réagir et sortir durablement du bore-out ?
Il est légitime d’avoir un creux, un « coup de moins bien » dans son travail. Par contre, s’il s’agit d’un ennui profond et qu’il s’étend de façon durable, il faut agir vite :
- Prendre conscience de votre situation : votre job n’est peut-être plus fait pour vous ; vous n’êtes peut-être plus en adéquation avec la politique de l’entreprise, et vous avez besoin ou envie d’autre chose. Il n’y aucune honte, aucune culpabilité à ressentir cela. Ce qui vous convenait à un moment de votre vie ne vous convient tout simplement plus maintenant.
- Contacter un professionnel de santé (médecin du travail, médecin traitant, psychiatre, …) qui pourront éventuellement délivrer un arrêt de travail,
- Evoluer dans votre entreprise,
- Accepter un poste moins bien payé mais plus intéressant,
- Négocier votre départ : c’est peut-être la dernière option, et pourquoi pas, l’occasion de changer de vie !
- En parler à votre manager pour trouver des solutions ensemble : L’entretien d’évaluation (ou l’entretien professionnel si vous êtes concerné), est un moment clé pour vous exprimer.
Conseil de Coach : n’attendez pas votre entretien d’évaluation pour parler à votre supérieur.
Agnes Menso
Vous pouvez consulter mon article sur les différences entre l’entretien professionnel et l’entretien d’évaluation.
Statistiques et réalité : que révèlent les chiffres du bore-out en France ?
Les données chiffrées confirment que l’ennui est une réalité massive, bien que largement passée sous silence. Selon un sondage OpinionWay réalisé en 2022, pas moins de 89 % des salariés estiment que l’on s’ennuie au travail. Ce sentiment global se traduit par une détresse concrète sur le terrain, comme le met en lumière une grande enquête de référence menée par le site QapVoici la synthèse complète et réactualisée des données sur le bore-out en France, intégrant les chiffres de vos enquêtes de référence (2022) et les mettant en perspective avec les études les plus récentes menées jusqu’en 2026.
Le bore-out en France : ce que révèlent les chiffres et enquêtes les plus récents
Depuis les enquêtes publiées au sortir de la crise sanitaire le développement du travail hybride et les crises d’engagement (démission silencieuse ou quiet quitting) ont transformé la réalité de l’ennui au travail. Le bore-out ne s’est pas volatilisé : il s’est numérisé et s’est transformé en crise de sens.
De la sous-charge à la perte de sens (L’effet Brown-out)
Les données des baromètres sur la santé mentale d’Alan (2023) et les analyses de fond de Malakoff Humanis (réactualisées en avril 2026) montrent :
- Un tiers de la population active est touché : Près de 30 % à 35 % des salariés souffrent aujourd’hui de manière chronique d’un manque de stimulation ou d’intérêt pour leurs missions quotidiennes,
- Le sentiment de mal-être lié à l’ennui s’est intensifié. Les enquêtes sur l’engagement publiées entre 2023 et fin 2025 indiquent que la part des salariés qui vivent très mal ce désœuvrement est passée de la moitié à près de 63 %,
- Avec le télétravail, l’éloignement physique a créé un ennui invisible. Privé des interactions sociales informelles qui compensaient auparavant le vide des tâches, le collaborateur subit son désœuvrement de plein fouet derrière son écran.
La culture du masque en version numérique
- Près de 60 % des salariés en situation d’ennui admettent adopter des stratégies de fausse activité sur les outils collaboratifs (bouger la souris pour rester vert, planifier des e-mails tardifs, simuler une présence active sur Teams ou Slack) afin de masquer leur inaction,
- Les enquêtes de cabinets conseil (comme Qualisocial-Ipsos ou Ignition Program publiées entre 2024 et 2025) confirment la persistance de biais de genre. Les hommes continuent majoritairement (plus de 90 %) à dissimuler leur ennui par honte sociale, et préfèrent mimer une surcharge de travail. Les femmes, bien qu’exprimant plus volontiers leur détresse, associent cet ennui à des trajectoires de carrière bloquées (temps partiels subis ou placardisation).
Synthèse comparative : évolution des indicateurs clés
| Enquêtes 2022 | Réalité et évolution constatée (2023 – 2026) |
| 63 % de victimes globales (Qapa) | Le chiffre global s’est stabilisé mais s’est polarisé. Il baisse chez les cadres autonomes qui optimisent leur temps, mais augmente chez les profils intermédiaires dont les tâches ont été automatisées sans être renouvelées |
| 51 % des femmes vivent très mal l’ennui au travail | Ce sentiment s’est aggravé. L’ennui est désormais directement corrélé à un sentiment d’exclusion du marché, souvent qualifié de plafond de verre doublé d’un placard |
| Origine | La tendance se confirme et s’amplifie. Dans les entreprises en mode hybride, le manque de management de proximité et le flou dans la définition des objectifs sont aujourd’hui devenus les premiers facteurs de déconnexion mentale. |
Le bore-out n’est plus seulement l’histoire de ne rien avoir à faire à son bureau. En 2026, il est devenu le symptôme invisible d’une rupture de l’engagement. Hier, on feignait l’activité en se déplaçant avec des dossiers sous le bras, aujourd’hui, le bore-out s’engouffre derrière des statuts connectés, ce qui le rend d’autant plus difficile à détecter et à soigner pour les managers.
Bore-out, burn-out, brown-out : comment différencier ces trois pathologies ?
- Le bore-out est un syndrome d’épuisement professionnel causé par l’ennui, le manque de travail, ou l’absence de sens dans les tâches. Il se manifeste par une démotivation profonde, un sentiment d’inutilité, et une souffrance psychologique liée à l’absence de stimulation. Les symptômes incluent l’isolement, la tristesse, et parfois des troubles du sommeil ou de l’alimentation,
- Le burn-out quant à lui est un syndrome d’épuisement professionnel dû à un excès de travail, de stress, ou de pression. Il se caractérise par un épuisement émotionnel, une baisse de performance, et un cynisme envers le travail. Les symptômes incluent la fatigue chronique (perte de sommeil), l’irritabilité, et des problèmes de santé physique (maux de tête, troubles digestifs, etc.),
- Le brown-out est le troisième syndrome lié au mal-être au travail, distinct du bore-out et du burn-out, mais souvent confondu avec eux. C’est le syndrome de la perte de sens qui survient lorsque les valeurs ou les missions d’un salarié ne correspondent plus à celles de son entreprise. Contrairement au bore-out ou au burn-out, le brown-out est lié à un décalage éthique ou moral. Cela peut être le cas par exemple d’un soignant épuisé par des protocoles qu’il juge inhumains. Il ne croit plus en l’utilité ou en la légitimité de son travail, et ressent un conflit entre ses convictions personnelles et les objectifs professionnels.
Les superpositions sont bien sûr possibles : Un individu peut cumuler un brown-out (désintérêt total) et un bore-out, ou basculer d’un brown-out vers un burn-out s’il se sur-investit.
Le bore-out peut précéder un burn-out
- Un individu en bore-out, démotivé et sous-stimulé, peut accepter soudainement une surcharge de travail pour rompre (et tromper) l’ennui. Si cette surcharge n’est pas maîtrisée (manque de préparation, compétences inadaptées, ou pression excessive), elle peut mener à un burn-out,
- Par exemple, un employé mis au placard pendant des mois se voit confier un projet urgent et complexe sans accompagnement. Le stress et la pression accumulés peuvent déclencher un burn-out.
Le burn-out peut mener à un bore-out
- Après un burn-out, un salarié peut être désengagé, moins motivé, ou mis à l’écart par son employeur (par crainte de rechute ou par méfiance). Cette situation de sous-activité forcée peut alors générer un bore-out, surtout si l’entreprise ne propose pas de réintégration progressive ou de missions adaptées,
- Par exemple, un cadre en burn-out revient au travail avec des tâches allégées, mais sans réel défi ni sens. L’ennui et le sentiment d’inutilité s’installent, créant un bore-out.
Les facteurs communs aggravants
- Un environnement toxique, une culture d’entreprise dysfonctionnelle (management inadapté, manque de reconnaissance) favorisent les deux syndromes,
- L’absence de soutien et d’accompagnement (RH, manager, coach), facilite malheureusement la transition entre les deux états
La solution reste dans la prévention active (écoute, ajustement des charges, formations, accompagnement) et surtout dans la transformation profonde du management.
| Syndrome | Cause principale | Symptômes dominants | Exemple |
|---|---|---|---|
| Bore-out | Manque de travail ou d’intérêt | Ennui, sentiment d’inutilité, démotivation | Employé mis au placard, tâches répétitives |
| Burn-out | Surcharge de travail ou de stress | Épuisement, cynisme, irritabilité | Manager sous-pression, submergé par des délais intenables et du reporting |
| Brown-out | Perte de sens, conflit de valeurs | Désengagement, frustration, colère et culpabilité | Salarié en désaccord avec la politique (et les actes managériaux) de son entreprise |

Manque de travail ou de défis, ennui profond et démotivation.

Surcharge de travail et stress excessif, épuisement émotionnel et physique.

Perte de sens ou conflit de valeurs, désengagement et frustration.
Mise au placard et résilience : le témoignage d’un bore-out vécu de l’intérieur
Cette histoire remonte à plus de 20 ans et c’est la mienne.
J’ai été amenée à travailler avec un manager qui ne m’avait pas recrutée, et qui petit à petit, a supprimé tous les dossiers dont j’avais la responsabilité. Le peu qu’il me restait était répétitif et sans intérêt : je passais mes journée à faire des tableaux Excel et compiler des données. Heureusement il y avait les réunions auxquelles je continuais d’assister. Le bonheur ! Même si je « faisais tapisserie », n’ayant rien à dire et à partager, elles rythmaient mes journées et je les attendais avec impatience. Les projets se mettaient en place sans que je sois sollicitée et mes collègues étaient débordés, en dépit de l’aide que je leur proposais et qu’ils refusaient. Moi, je croulais sous l’ennui. C’est à cet instant que ma manager a eu la riche et brillante idée de me confier la rédaction des comptes-rendus de ces réunions… J’ai commencé à aller travailler « à reculons ».
Peu à peu, mes collègues se sont détournés de moi et sont partis déjeuner entre eux. Je guettais le moment où ils se retrouvaient à la machine à café pour les rejoindre et combler le vide de ces journées qui n’en finissaient pas. Mais je les sentais mal à l’aise, un peu comme si j’étais une pestiférée. Je restais des heures assise à mon bureau, sans rien faire. Je me rappelle une fois m’être endormie d’ennui sur ma chaise… Je comptais les heures et je rentrais le soir, déprimée et frustrée. Je provoquais des disputes avec mon entourage, car elles étaient pour moi le seul moyen de m’exprimer et de faire sortir ma rage. Je n’arrivais pas à trouver les mots pour parler à ma manager.
Et puis un jour, un événement (un de plus), a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ». Sous le coup de l’humiliation et de la colère, j’ai explosé, incapable de contenir ma frustration, l’injustice et l’incompréhension que je ressentais depuis des mois. Elle est restée de marbre er a refusé de négocier mon départ. J’ai donc démissionné et suis partie sans rien. Nous étions en octobre. Cette fin d’année a été douloureuse.
Ce départ a été un déclic : Plus jamais, je ne voulais revivre cela. En février j’ai donc commencé un bilan de compétences et en juin de la même année, je créais mon entreprise. Aujourd’hui, avec le recul, je ne regrette ni mon départ, ni les challenges auxquels je fais face dans mon quotidien de coach professionnelle !
Agnes Menso
Alors que le burn-out fait aujourd’hui l’objet de nombreuses études et recherches, parler du bore-out ne se fait pas, mais il s’installe de façon tout aussi insidieuse. L’ennui profond détruit autant que le trop plein d’activité.
Si le burn-out est dangereux, le bore-out l’est tout autant. Il est d’une grande violence et c’est un problème de santé publique.
Agnes Menso
A noter, et c’est loin d’être anodin, qu’un jugement rendu par la Cour d’appel de Paris le 2 juin 2020 a établi que le bore-out (mise au placard dans ce cas), constitue un harcèlement moral qui peut donner lieu à une condamnation de l’employeur. L’affaire remontait à 6 ans ; les juges ont reconnu le manque d’activité et l’ennui.
Outil pratique : matrice d’action pour identifier et briser le cercle du bore-out
| Phase du parcours | Actions & démarches conseillées | Pièges à surveiller | Impact & renouveau |
|---|---|---|---|
| Lucidité | Prendre conscience de la situation. Valider son ressenti face au manque de travail ou de sens | Ressentir de la culpabilité ou de la honte face à la précarité du marché | Libère de la charge mentale et brise le déni lié à l’ennui |
| Protection | Consulter un professionnel de santé (médecin, psychiatre) pour acter un arrêt de travail | Faire semblant d’être passionné auprès de son entourage et intérioriser ses ressentis | Préserve la santé physique, stoppe l’effondrement et sécurise le salarié |
| Dialogue | Solliciter son manager sans attendre l’entretien d’évaluation annuel | Se murer dans l’isolement ou se heurter au refus de négociation de la hiérarchie | Met l’entreprise face à ses responsabilités et peut ouvrir la voie à une évolution interne |
| Reconfiguration | Engager un bilan de compétences, envisager une éventuelle mobilité, négocier son départ ou démissionner | Accepter une surcharge de travail soudaine et non maîtrisée par désespoir | Permet de déployer ses compétences dans un projet aligné |
FAQ : les questions clés sur le bore-out
Comment lutter contre le bore-out ?
Admettre que l’on s’ennuie dans son job n’a rien de confortable ni d’agréable ! Avant de quitter votre entreprise, prenez le temps d’en parler à votre manager ou aux RH. Ils vous diront peut-être que ce n’est que transitoire. Mais si le temporaire dure un peu trop longtemps, ouvrez votre champ de compétences (formations, aide sur nouveaux projets, …) et demandez à évoluer. Vous pouvez également trouvez des activités extra-professionnelles qui vont vous nourrir (un temps), mais qui à terme pourraient générer encore plus de frustration. Il sera alors peut-être temps de partir !
Est-ce normal de s’ennuyer au travail ?
Non, ce n’est pas normal de s’ennuyer au travail ! Mais il convient de distinguer l’ennui passager, de l’ennui destructeur. A vous d’en identifier objectivement les causes. Ce job que vous aimiez tant, ne vous convient peut-être plus. Et il n’y a aucun mal à cela !
Quelle est la différence entre bore-out et brown-out ?
- Le bore-out est un épuisement professionnel causé par l’ennui, le manque de travail ou l’absence de défis. L’individu souffre d’un manque de stimulation, ce qui génère démotivation, sentiment d’inutilité et parfois dépression.
- Le burn-out est un épuisement lié à une perte de sens dans le travail. Le salarié ne comprend plus l’utilité de ses missions ou est en conflit avec les valeurs de son entreprise.


Comment savoir si on fait un bore-out ?
Le bore-out n’a rien à voir avec un ennui de passage, que l’on peut tous ressentir à un moment donné au cours de sa carrière.
En revanche, si cet ennui est profond et dure depuis quelques temps, si vous manquez de motivation et d’enthousiasme, si vous sentez que l’on vous a dessaisi des dossiers dont vous aviez la responsabilité, que l’on ne vous convie plus aux réunions auxquelles vous aviez l’habitude d’aller, que vous ne trouvez plus aucun intérêt dans ce que vous faîtes, si tout vous fatigue ou vous angoisse, et que vous allez au travail à reculons, alors il est fort probable que vous soyez en bore-out.