Courbe du changement : comment décoder et comprendre les émotions pour réussir vos transitions ?

25min de lecture

La courbe du changement (ou courbe de Kübler-Ross, change curve en Anglais) désigne le modèle psychologique qui illustre les différentes étapes par lesquelles un individu passe lorsqu’il fait face à une transformation significative, tant personnelle que professionnelle. Initialement conçue pour expliquer les réactions face au deuil, son application en entreprise montre une trajectoire non linéaire, souvent représentée en U ou en montagnes russes, où alternent des moments de résistance, de doute et de confusion avant qu’une adaptation réussie ne se produise. Ce processus traverse plusieurs phases clés : le choc, le déni, la colère, le marchandage, la dépression, l’expérimentation, la décision et enfin l’intégration.

Avatar de Agnes Menso

Coaching de dirigeants de PME et ETI, certifiée HEC.

Comment expliquer la courbe du changement
Courbe du changement : comment décoder et comprendre les émotions pour réussir vos transitions ?

Dans un contexte professionnel, la transition se heurte fréquemment à l’homéostasie, cette tendance naturelle des individus et des organisations à maintenir un équilibre interne connu, même s’il est inconfortable, plutôt que de s’ouvrir à l’inconnu. Face aux limites d’une lecture trop rigide ou simpliste qui risquerait de banaliser la souffrance des employés ou de paralyser la réactivité, les dirigeants et managers de proximité doivent s’approprier des outils alternatifs plus agiles et centrés sur l’humain, à l’instar du modèle de transition de William Bridges, de la Théorie U d’Otto Scharmer ou de la psychologie positive.

Table des matières

En bref

  • La courbe du changement est un modèle linéaire où le progrès suit une trajectoire droite et prévisible : faux. Elle est souvent représentée comme une courbe en forme de « U » ou une forme de montagnes russes, montrant que le processus n’est jamais linéaire. Il y a souvent des moments de résistance, de doute ou de confusion avant qu’une adaptation réussie ne se produise.
  • La courbe du changement est divisée en plusieurs étapes, dont le déni, la colère, la négociation, la dépression et l’acceptation : vrai. Ce modèle, souvent appelé modèle de Kübler-Ross ou modèle des 5 étapes du deuil, est appliqué au changement dans divers contextes. Ces étapes reflètent les différentes réactions émotionnelles que les individus peuvent traverser (ou pas !).
  • La courbe du changement est utilisée uniquement dans des contextes de changement organisationnel et ne s’applique pas à des changements personnels : faux. Bien que le modèle soit largement utilisé au sein des organisations, il s’applique également à des changements personnels. Attention cependant : il est important de noter qu’il peut induire en erreur si on s’attend à ce que chaque individu suive exactement les étapes du deuil de manière linéaire. Dans la réalité, chacun peut sauter des étapes, les revivre à différents moments ou ne pas les traverser du tout.

Le point de vue de l’auteur : Agnes Menso

La courbe du changement n’est pas une trajectoire droite et prévisible. Elle s’apparente à des montagnes russes émotionnelles avec des phases de doute et de retour en arrière. C’est la raison pour laquelle la conduite du changement ne doit pas être traitée comme un simple ajustement structurel ou une transformation descendante mécanique, mais comme une véritable conduite de projet intégrant la gestion humaine des émotions. Je pense que l’utilisation abusive, aveugle et simpliste des modèles de deuil en entreprise comporte de graves erreurs stratégiques qui décrédibilisent la parole de la direction, engendrent du cynisme parmi les équipes et conduisent le management à l’inaction en qualifiant de normales et passagères des souffrances organisationnelles profondes (licenciements, dégradation des conditions de travail). Je suis convaincue que la réussite d’une transition repose sur une posture d’écoute bienveillante et proactive des managers de proximité, qui doivent agir comme des capteurs de signaux faibles et des facilitateurs de dialogue. Il n’existe pas de recette magique ou de courbe unique ; chaque démarche doit s’adapter à la taille de la structure, à son agilité et à son ADN. Je préconise d’impliquer les collaborateurs dès la conception des procédures via des ateliers collaboratifs, de déployer des outils de régulation du stress (méditation, respiration, groupes de parole) et de substituer aux anciens modèles, des cadres plus souples et plus adaptés (Théorie U, psychologie positive) pour inscrire l’organisation dans une dynamique d’innovation continue.

Il vous reste 58% de l’article à lire

Achetez cet article pour continuer la lecture

*Premier trimestre d'abonnement à 39,90€ par mois, puis 9,90€ par mois à partir du 19 octobre 2026. Félicitations ! Vous êtes sur le point d'acquérir votre abonnement. C'est la meilleure solution pour gagner du temps et accéder à des publications de qualité.

Vos e-books offerts avec l’achat de cet article

La courbe du changement en entreprise

La courbe du changement en entreprise

Bien qu’utile, elle présente des limites. Avez-vous pensé à d’autres approches plus agiles et collaboratives pour accompagner efficacement les transformations en entreprise ?

Explication de la courbe du changement

Explication de la courbe du changement

Elle permet de comprendre l’état émotionnel et est indispensable pour faciliter l’adaptation, renforcer la résilience et transformer les transitions en opportunités.

Coacher à travers la courbe du changement

Coacher à travers la courbe du changement

Coacher à travers la courbe du changement exige un engagement actif des dirigeants, et privilégie une approche systémique pour une transformation collective et durable en entreprise.

Les réponses à vos questions sur la courbe du changement

Pourquoi le concept d’homéostasie explique-t-il la résistance automatique des équipes au changement ?

L’homéostasie désigne la tendance biologique et naturelle des individus et des systèmes à maintenir leur équilibre interne, même lorsque celui-ci est inconfortable ou sous-optimal. Face à une transformation organisationnelle, le cerveau humain préfère instinctivement une situation insatisfaisante mais parfaitement maîtrisée et connue, plutôt qu’une perspective inconnue et incertaine. Cette recherche automatique de stabilité bouscule les habitudes, génère du stress et des tensions, et se traduit sur le terrain par des comportements de rejet ou de refus d’utilisation des nouveaux outils.

Qu’est-ce que la courbe du changement ?

Développée par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross en 1969, la courbe du changement s’applique au deuil, mais aussi aux transitions difficiles dans la vie personnelle ou professionnelle. C’est un modèle psychologique décrit autour de cinq étapes émotionnelles : le déni, la colère, marchandage, la dépression et l’acceptation.

C’est quoi les 7 étapes du deuil ?

Le modèle des 7 étapes du deuil est une extension de la courbe de Kübler-Ross qui détaille davantage le processus émotionnel face à une perte. On va donc retrouver, en plus des 5 phases initiales, les étapes du choc et de la reconstruction.

Comment aider les gens à traverser la courbe du changement ?

Le changement, qu’il soit personnel ou professionnel, est souvent une source de stress et d’incertitude. Pour accompagner au mieux les individus et comprendre la résistance au changement, il est essentiel d’adopter une approche bienveillante et structurée, qui repose sur :

  • L’écoute et la reconnaissance des émotions,
  • Une communication claire, régulière et adaptée,
  • Le soutien et la valorisation des progrès
Comment la courbe du changement aide-t-elle à gérer les résistances ?

Cette courbe permet d’identifier les réactions (choc, déni, colère, tristesse, acceptation, engagement), anticiper les résistances, et adapter la communication en période de changement, selon chaque phase. Les leaders peuvent ainsi offrir du soutien ciblé et faciliter l’engagement en aidant les équipes à visualiser le processus de transition.

Comment appliquer la courbe du changement dans le management ?

Appliquer la courbe du changement dans le management permet d’accompagner les équipes face aux transformations. Après avoir identifié la phase dans laquelle se trouvent les collaborateurs, une communication adaptée est essentielle : qu’il s’agisse de rassurer, d’expliquer les raisons du changement, d’écouter et répondre aux craintes, de soutenir et valoriser les efforts, l’objectif est d’ajuster la stratégie en fonction des réactions et instaurer un climat de confiance.

En quoi l’utilisation non critique des modèles de deuil peut-elle paralyser la réactivité du management ?

Elle paralyse les leaders en leur faisant croire que la résistance et la détresse des collaborateurs sont des étapes normales, mécaniques et purement transitoires. En s’attendant à ce que les équipes passent magiquement d’une case à l’autre de manière linéaire, les dirigeants adoptent une posture passive et risquent d’ignorer des signaux d’alarme critiques tels qu’une démotivation durable, un début de burn-out ou des vagues de départs volontaires en cascade. Cette grille rigide déconnecte le management de la réalité en masquant des souffrances profondes sous un vernis théorique.

Recevez gratuitement l’Echo Des Bats

Chefs d’entreprise de PME et d’ETI, Managers,… Abonnez-vous à notre webzine L’Echo des Bats sur la vie de l’entreprise et recevez du contenu exclusif et de qualité, des conseils simples et efficaces à appliquer au quotidien…