Le fil d'Agnès
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les bulles d'agnès

Je n'aurais jamais cru
Je n'aurais jamais cru
Je n’aurais jamais cru vous raconter ce moment inoubliable et d’une exceptionnelle intensité. Et pourtant…

Elle s’appelle Mona Lisa.
C’est une femelle éléphant, que j’ai rencontrée en vacances en Thaïlande, dans une réserve*, où les animaux vivent en totale liberté.

Le programme de la matinée est le suivant : balade à cru et baignade. J’appréhende un peu le contact avec l’animal. L’expérience promet d’être sympathique et je ne sais pas trop qu’en attendre.

Le centre nous donne les principales consignes et nous invite à nous changer.

L’aventure peut alors commencer.

Avec l’aide du cornac, je me hisse sur le dos de Mona Lisa.
Il me conseille de m’asseoir à la naissance de son cou. J’obéis.

Je suis d’une nature curieuse, mais pas forcément très courageuse. Avec Mona, c’est différent. Je n’ai pas peur. Bien au contraire.
Je ne ressens pas non plus de crainte de sa part. Elle a l’habitude des humains. Bien plus que moi des éléphants.

Nous voilà partis. Il y a 8 éléphants au total. Mona est deuxième.

Instinctivement, je trouve mes marques. Je cale mes pieds derrière ses oreilles. Je me laisse aller à son rythme lourd et puissant. Je ressens une apaisement immédiat.

La magie opère tout doucement.

Le cornac est à côté de nous. Il guide Mona à la voix. Et parfois lui tire l’oreille pour la remettre sur le chemin. Pas de bâton ou autre serpe pour la faire rentrer dans le rang.

Même si elle reste à sa place et ne dépasse jamais l’éléphant qui la précède, Mona a des velléités d’indépendance. Elle s’arrête quand ça lui chante et sort du rang pour se nourrir. Mona vit sa vie.
Son cornac la laisse faire. Il nous laisse avancer toutes les deux.

La balade est longue, le chemin escarpé.

Nous arrivons à la rivière. Mona rentre dans l’eau, se couche et d’un mouvement très doux, me fait glisser sur son flanc. Je me laisse faire. Le remous qu’elle provoque me déséquilibre. Je bois la tasse. L’eau est marron…

Le cornac n’a pas bronché. Il observe. Il est là sans être là.
Sans rien dire, il me tend une brosse.

Je la prends mais je veux toucher Mona avec mes mains et avec mes bras. J’ai envie de ce contact et c’est mon corps entier qui s’appuie contre elle et la caresse. Mona se laisse faire. On dirait qu’elle s’abandonne.

Comment un animal peut-il dégager en même temps autant de puissance, de plénitude et de douceur ?
Comment ce mélange à la fois de force, de sérénité et de paix est-il possible ?

Mona se redresse et me présente son autre flanc.
De nouveau, je bois la tasse. Je chavire. Je ris, je pleurs. Je suis bouleversée. Je me laisse envelopper par ce qu’elle dégage.
Je donnerais tout pour que ce moment dure une éternité.

Le cornac n’en perd pas une miette. Il sourit. « You take Mona? », me demande-t-il. « I wish I could… »

Intuitivement, je sens que je viens de vivre quelque chose de divin, avec une connexion que je n’aurais jamais imaginée.

Nous rebroussons chemin. Mona a repris son rythme. Je suis toujours sur son dos.

Au centre, les autres participants braillent autour de nous. Je ne les entends pas. Je suis incapable de dire quoi que soit. Sauf peut-être à elle. Rien qu’à elle.

Je dois partir. Je pose mon front sur le sien. Je l’embrasse, je la caresse et je lui parle.
Je croise son regard et j’ai l’impression à ce moment-là, que sa trompe s’enroule doucement autour de moi et m’attire vers elle. Je ferme les yeux.

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Publié le 05/09/2017
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